Représentant du Medef à l’Urssaf Nord – Pas-de-Calais, Alexandre Romi s’attache à mieux représenter les entreprises et à faire évoluer la culture de l’institution.
En quoi consiste votre mandat au sein de l’Urssaf et quel rôle y jouez-vous ?
Je suis administrateur de l’Urssaf Nord – Pas-de-Calais, Président du conseil départemental du Nord et Vice-Président de la Commission de Recours Amiable, mandats que j’exerce depuis quatre ans au titre du Medef. Mon rôle est d’y faire entendre la voix des entreprises. J’ai d’abord travaillé à Paris dans le domaine du droit du travail, de la compliance et du droit de la concurrence avant de rejoindre la région. J’occupe aujourd’hui le poste de Délégué général de l’UPECAD. Ce mandat, bien que différent de mon parcours initial, touche à plusieurs enjeux fondamentaux parmi lesquels, le renforcement des liens avec le monde économique, l’accentuation du rôle que doit jouer l’URSSAF en matière d’accompagnement des entreprises et, grâce au travail mené par les représentants siégeant en IDIRA (l’instance dévolue à l’instruction des recours amiables), l’attention portée aux dossiers afin que les interprétations éventuelles sur le droit applicable ne se fassent pas au détriment des entreprises.
Quel sens donnez-vous à cet engagement ?
C’est un engagement qui m’enrichit à la fois intellectuellement et humainement. J’ai découvert un univers juridique et administratif très professionnel et très structuré, dans lequel les représentants des employeurs ont une véritable voix. Ce mandat me permet aussi de jouer un rôle de relais auprès des entreprises : je leur apporte un éclairage, je les aide à mieux comprendre le fonctionnement de l’Urssaf et, grâce au Medef Lille Métropole, de nombreux échanges sont organisés.
Ce travail mené depuis plusieurs années a commencé à porter ses fruits. L’Urssaf n’est maintenant plus seulement un organisme de collecte et de contrôle : elle joue de plus en plus un véritable rôle de conseil. Autre exemple, Il y a dix ans, une erreur déclarative était souvent assimilée à de la fraude. Aujourd’hui, on parle de « droit à l’erreur ». Cette évolution culturelle, à laquelle le Medef contribue activement, est essentielle. Il est important que l’Urssaf change de regard sur les entreprises, tout comme les entreprises doivent, elles aussi, faire évoluer leur perception de l’administration. Cela passe par un travail pédagogique constant.
Quel regard l’Urssaf porte-t-elle sur l’arrivée de l’intelligence artificielle dans ses instances, et avec quels impacts pour les entreprises ?
L’Urssaf est en train de prendre un virage technologique important. À l’échelle nationale, des projets sont en cours pour intégrer une IA générative qui sera utilisée d’abord comme un outil d’assistance pour les juristes de l’Urssaf, puis à terme pour automatiser certaines interactions simples via des chatbots. Par ailleurs, l’IA va aussi jouer un rôle clé dans la gestion des données. Elle permettra à l’Urssaf d’anticiper plus finement les montants à percevoir, afin d’ajuster ses emprunts et d’optimiser le financement des prestations sociales. Mais il ne faut pas perdre de vue l’essentiel : la relation humaine doit rester au cœur du dispositif.
À propos de l’URSSAF
• L’Urssaf joue un rôle central dans le financement de la protection sociale en France.
• Elle assure des missions clés au service des entreprises, des travailleurs indépendants et des organismes sociaux.
• Son fonctionnement est paritaire avec des conseils d’administration régionaux composés de représentants des employeurs (Medef, CPME, U2P) et des syndicats de salariés.
• Ses principales missions :
– Collecter les cotisations sociales auprès des employeurs et travailleurs indépendants (assurance maladie, retraite, allocations familiales…)
– Assurer un rôle de conseil auprès des entreprises pour les accompagner dans leurs obligations déclaratives et le calcul de leurs cotisations
– Lutter contre la fraude et veiller à la bonne application du droit de la Sécurité sociale
– Gérer les recours amiables, via des instances paritaires où siègent représentants des employeurs et des salariés (IDIRA, Commission de recours amiable)
– Redistribuer les fonds collectés aux différents organismes de Sécurité sociale.
Crédit photo Alexis Delespierre
