Edito de Louis-Philippe Blervacque, Président du MEDEF Douaisis

Edito de Louis-Philippe Blervacque, Président du MEDEF Douaisis

Remettre la réalité de l’entreprise, au cœur du débat !

Le MEDEF a lancé en 2024 le Front économique avec une ambition simple : remettre l’économie réelle et le temps long au cœur du débat public. Cette initiative me paraît essentielle. Car si les Français ont globalement une image positive de l’entreprise, ils en méconnaissent souvent profondément le fonctionnement.
On parle beaucoup d’économie, mais surtout à l’échelle macro. On disserte sur les grandes théories et les chiffres nationaux. On parle peu de la réalité quotidienne d’une entreprise : créer de la valeur en proposant des produits et services utiles, investir, prendre des risques, payer des salaires, financer l’innovation. On oublie aussi qu’une grande partie de notre modèle social repose sur le travail et donc sur la vitalité de nos entreprises.

Cela pose inévitablement la question de la fiscalité. Nous ne pouvons pas nous tirer une balle dans le pied avec des impôts supérieurs à la moyenne européenne. Aligner nos règles fiscales et réglementaires sur les standards européens est une condition de compétitivité.

Réduire les impôts de production est une nécessité. En contrepartie, il faut supprimer les dispositifs fiscaux inefficaces et faire des économies.
C’est une question de courage politique. Une fois la valeur créée, encore faut-il la partager intelligemment.

Le premier réflexe d’un dirigeant responsable est d’assurer la pérennité de son entreprise : conserver une trésorerie suffisante pour investir, faire face aux aléas, financer la R&D. Ensuite vient le partage avec les salariés et la contribution à l’impôt, mais un impôt raisonnable.

Pourquoi ne pas imaginer davantage de contributions volontaires fléchées vers de grands projets nationaux ou territoriaux ?

Nous devons aussi nous attaquer à l’inflation normative qui nous écrase. Cette surenchère affaiblit notre compétitivité.

Enfin, réindustrialiser et décarboner notre pays est un impératif. Cela suppose de protéger nos industries face aux concurrences déloyales et d’utiliser ces ressources pour financer la transformation de notre appareil productif.

Remettre l’économie réelle au cœur du débat démocratique, c’est rappeler une chose simple : sans entreprises fortes, il n’y a ni prospérité durable, ni transition réussie, ni cohésion territoriale.

À nous, MEDEF, de le dire clairement.

Louis-Philippe Blervacque, Président du MEDEF Douaisis