Portrait : Valérie Six, engagée, hier comme aujourd’hui

Portrait : Valérie Six, engagée, hier comme aujourd’hui

À 63 ans, Valérie Six ne ralentit pas, elle accélère. Conseillère régionale déléguée à l’innovation, elle avance avec une énergie peu commune. Il y a quelques années, une épreuve de santé majeure aurait pu tout arrêter. Elle l’a traversée, et en est revenue plus déterminée encore. Trois enfants, six petits-enfants, une carrière de pharmacienne menée de front avec ses mandats locaux. Chez elle, l’engagement est une ligne de vie.

Entrée en politique, sans mode d’emploi
Rien ne la prédestinait à la vie politique : pas de militantisme, pas de plan de carrière. Juste une opportunité, saisie en 2001, au conseil municipal de Croix. Le début d’un parcours construit sur le terrain, au contact direct des réalités économiques et sociales. « Je ne viens pas du sérail. J’y suis allée parce que j’avais envie d’être utile ». Très vite, Valérie Six prend en main les sujets d’emploi et de développement économique, fédère, crée des passerelles, monte des projets intercommunaux. Sa méthode est déjà là : relier les gens pour faire avancer les choses.

Fédérer, encore et toujours
Ce qui la fait tenir ? Le réel, le quotidien des gens, les résultats visibles : « J’ai besoin de concret. Il faut pouvoir mesurer ce qu’on fait ». Valérie Six ne croit pas aux réussites solitaires. Elle parle de collectif comme d’une évidence. « On ne fait jamais rien seul ». Tout au long de son parcours, elle construit des ponts : entre communes, entre institutions, entre acteurs économiques. Jusqu’à réunir, fait rare, une mission locale et Pôle emploi autour d’un même projet. Aujourd’hui encore, elle pousse cette logique dans l’innovation : rapprocher la recherche, les universités et les entreprises. Faire travailler ensemble des mondes qui, longtemps, se sont ignorés.

Une vision très humaine de l’économie
Au contact direct des dirigeants, elle observe une évolution qui la marque depuis récemment : moins de certitudes, plus d’attention à l’humain. « Il y a une énergie et une résilience incroyables chez les chefs d’entreprise ». Mais aussi une prise de conscience : on ne pilote plus une entreprise comme avant. Recrutement, fidélisation, sens… les lignes bougent. Et les réseaux jouent un rôle clé. « On partage davantage, on s’entraide plus, c’est essentiel », assure-t-elle.

L’IA, outil… et responsabilité
Sur l’intelligence artificielle, son discours est sans ambiguïté : le sujet n’est plus de savoir s’il faut y aller. « Plus personne ne résiste à l’IA ! C’est devenu un outil du quotidien ». Et un levier puissant de performance, déjà largement adopté dans la région. Mais elle insiste sur un point : la maîtrise doit rester humaine. « Le discernement, ce sera nous ». Pour elle, l’enjeu est clair : démocratiser l’accès de l’IA au plus grand nombre, former, accompagner, sans jamais perdre de vue l’impact sur les citoyens.

Tenace, fidèle… et optimiste
Si Valérie Six devait se résumer, ce serait en trois mots : tenace, fidèle, optimiste. Avec, en filigrane, une exigence héritée de l’éducation : le goût de l’effort. « Je sais que j’ai de la chance, mais j’ai aussi beaucoup travaillé ». Elle revendique une forme de lucidité joyeuse, une manière de regarder le monde du bon côté, non par naïveté, mais parce que c’est la seule façon d’avancer.

Une foi dans le collectif
Quand elle parle d’engagement, le mot revient comme une conviction intime. « Servir le bien commun, c’est ce qui me guide », répète-t-elle. Elle cite volontiers Simone Veil ou Christine Lagarde, de grandes femmes qui l’inspirent, mais ses véritables modèles sont ailleurs, chez ceux qui agissent dans l’ombre : le pompier volontaire, l’infirmière, le militaire, l’aide à domicile. « Je me sens toute petite à côté d’eux-mêmes si je pense servir la société autrement ». Une manière de rappeler que, pour elle, l’engagement n’est pas un statut mais une responsabilité qu’elle a choisie.

Et si elle levait le pied ?
Pas vraiment du genre à lever le pied, elle sait néanmoins trouver des respirations : le vélo, la voile, la lecture surtout. Des récits de vies qui inspirent, des parcours qui résistent. Et puis sa famille, ses petits-enfants, comme un point d’ancrage pour rester toujours debout